Pourquoi chercher loin ce qui est déjà ici ?

Une réflexion sur l'enseignement vivant, les maîtres virtuels et le chemin qui se fait près de soi.

Voici le texte restructuré en Markdown, avec les corrections intégrées :


Pourquoi chercher loin ce qui est déjà ici ?

Une réflexion sur l'enseignement vivant, les maîtres virtuels et le chemin qui se fait près de soi.


Toujours surprenant que tant de gens regardent si loin. Sadhguru enseigne exactement — à la lettre, sans variation — ce que nous pratiquons au Centre de Yoga Chicoutimi. Cette observation est à l'origine de ce texte.

Je précise d'entrée de jeu : chaque parcours spirituel est unique et valable à sa manière. Ce que je nomme ici, c'est mon point de vue — pas un jugement sur les personnes, mais une observation sur certaines dynamiques que je reconnais pour les avoir vues, et parfois vécues.


Le paradoxe du maître virtuel

Sadhguru est un bon communicateur. Il nomme clairement ce que beaucoup voient sans pouvoir le formuler. J'ai un véritable respect pour lui et pour ce qu'il transmet.

Mais il y a un paradoxe dans la popularité de tels maîtres — ou plutôt dans la façon dont certains les suivent. Quelle valeur a un témoignage par procuration ? Répéter les mots d'un maître que l'on n'a jamais rencontré, dans un contexte que l'on ne partage pas, dans une relation qui n'existe pas — ce n'est pas un enseignement. C'est une image.

Les fans agissent parfois de façon contraire aux valeurs que vivent leurs idoles. Ce n'est pas une coïncidence — c'est la conséquence naturelle de suivre une direction sans marcher vraiment dans cette direction.


Ce que l'on évite en admirant de loin

Admirer une personne inaccessible satisfait quelque chose en nous — un besoin de contrôle, une façon de rester à l'abri de la déception. On entretient un jardin spirituel sans jamais le confronter au réel. On se connecte à une image plutôt qu'à une présence.

En allant chercher loin ce qui se trouve ici, on s'éloigne du vivant — des relations réelles, des confrontations nécessaires, du quotidien humain où la pratique se vérifie vraiment. On butine en superficie. On perd un temps précieux.

Le sage pointe la lune. L'idiot regarde le bout de son doigt.

Personne ne maîtrisera la musique en changeant d'instrument continuellement, ni en ne prenant qu'un professeur à distance qui ne pourra jamais faire autant de corrections, d'échanges, de partages personnels qu'une présence réelle.


Ce que l'enseignement vivant exige

Le premier maître doit se développer en nous. Sur notre propre chemin, nous avons éventuellement à cesser d'être des enfants qui cherchent un parent — et à nous engager dans une pratique locale, avec une personne qui a fait un chemin plus long que nous dans une discipline qui mène à cette réalisation de soi en Soi.

Je choisirais un musicien plus expérimenté que moi si j'avais envie d'apprendre la musique — peu importe mon âge, mon statut, mes autres expériences de vie. La proximité n'est pas une limite. C'est une condition.

Un enseignement et un centre de pratique tout près pousse à voir la vérité en soi, par les relations. Sans ces relations, on se perd facilement dans ses propres illusions. Ce qui est proche s'épuise à nous nourrir. Ce qui est loin le sera toujours — même enrichi monétairement, c'est plus pauvre.


Mon témoignage — un chemin comme un autre

Avant d'aller en Inde, j'ai pratiqué et été fidèle pendant plus de six ans au Sivananda Yoga Centre de Montréal — un lieu fréquenté par neuf cents personnes chaque semaine. Confrontant, de rencontrer autant de points de vue. Et c'est parfait ainsi.

J'ai ensuite voyagé dans les centres Sivananda en France et en Inde. Revenu au Canada, j'ai continué à pratiquer fidèlement à Montréal et au Sivananda Ashram Yoga Camp de Val-Morin.

Ce chemin m'a permis de rencontrer le monde — différentes religions, croyances, pratiques, toutes sortes de personnalités. Un monde infini, jusqu'au jour où j'ai commencé à me connaître, puis à me rencontrer. À me réveiller de mes histoires, mes croyances, mes rêveries. À connecter avec le réel et à savoir faire la différence.

J'ai tellement passé le balai, l'aspirateur, la moppe — pour voir que la vie est simple. Que le bonheur n'est que de reconnaître et accepter la vie.


Ce qui reste

La véritable magie est déjà là — à chaque fraction de seconde, dans chacune de nos cellules, dans l'infiniment petit comme dans l'infiniment grand, ici, maintenant, là où nous sommes.

Prendre conscience de sa relation avec son environnement immédiat — le seul qui nourrit vraiment. On dit que nul n'est prophète en son pays. Les humains changent très lentement. Et c'est parfait. Je nomme ces faits — c'est aussi parfait.

Le TOUT est mon plus grand maître. La Vie. D'autres diront Dieu. Peu importe les mots — le réel n'est pas nos pensées. La force pour y demeurer, y revenir, accepter les leçons — cette force, c'est l'engagement. C'est l'Amour. Même quand c'est difficile de rester engagé dans le quotidien sans fuir dans le lointain.

La force d'aimer est plus puissante que la tentation de fuir. C'est difficile. C'est aussi parfait.


Belle journée — qu'elle soit, pour toi, parfaitement appréciée.

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